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Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī

Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī

Savant
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Biographie

Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī (773-852 H / 1372-1449) fut l’un des plus grands savants du hadith de tous les temps. Juge shāfiʿite au Caire, il est l’auteur de Fatḥ al-Bārī, le commentaire le plus célèbre du Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī, et de Bulūgh al-Marām, recueil de hadiths juridiques étudié dans le monde entier.

Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī

Le maître du hadith et le commentateur d’al-Bukhārī

Shihāb al-Dīn Abū al-Faḍl Aḥmad ibn ʿAlī ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī est considéré comme l’un des plus grands spécialistes du hadith de l’histoire de l’islam. Ses contemporains lui donnèrent le titre d’« Amīr al-Muʾminīn fī al-Ḥadīth », l’Émir des croyants dans la science du hadith.

Né au Caire en 773 H (1372), il y mourut en 852 H (1449). Sa famille était originaire d’Ascalon, en Palestine, d’où son nom d’al-ʿAsqalānī.

Un orphelin passionné de science

Ibn Ḥajar perd ses deux parents alors qu’il est encore enfant. Il est pris en charge par un tuteur, le commerçant Zakī al-Dīn al-Kharrūbī, qui veille à son éducation.

Il mémorise le Coran à neuf ans, puis de nombreux textes de base en fiqh, en grammaire et en hadith. Il accompagne son tuteur à La Mecque, où il poursuit ses études.

Il s’intéresse d’abord à la littérature et à la poésie, puis se consacre entièrement au hadith à partir de l’âge de vingt ans environ.

Ses maîtres

Il étudie auprès des plus grands savants de son temps, notamment :

* Zayn al-Dīn al-ʿIrāqī, maître du hadith, qui l’encouragea particulièrement ;
* Sirāj al-Dīn al-Bulqīnī, grand juriste shāfiʿite ;
* Ibn al-Mulaqqin, juriste et traditionniste prolifique.

Il voyage pour étudier en Égypte, au Hedjaz, au Yémen et en Syrie, et recueille les hadiths auprès de centaines de maîtres.

Fatḥ al-Bārī

Son œuvre la plus célèbre est Fatḥ al-Bārī bi-Sharḥ Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, un immense commentaire du Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī. Il y travailla pendant environ vingt-cinq ans.

Pour chaque hadith, il explique :

* les chaînes de transmission et les transmetteurs ;
* les différentes versions du texte ;
* le sens des mots et les questions de langue ;
* les enseignements juridiques et théologiques ;
* le lien entre le hadith et le titre du chapitre choisi par al-Bukhārī.

Lorsqu’il acheva ce travail, une grande célébration fut organisée au Caire, en présence des savants et des notables de la ville. Depuis, Fatḥ al-Bārī est considéré comme le commentaire de référence du Ṣaḥīḥ.

Un auteur prolifique

Ibn Ḥajar a laissé plus de cent cinquante ouvrages. Parmi les plus importants :

* Bulūgh al-Marām min Adillat al-Aḥkām, recueil des hadiths qui fondent les règles juridiques ;
* Al-Iṣāba fī Tamyīz al-Ṣaḥāba, dictionnaire biographique des Compagnons ;
* Tahdhīb al-Tahdhīb et Taqrīb al-Tahdhīb, sur les transmetteurs du hadith ;
* Lisān al-Mīzān, sur les transmetteurs critiqués ;
* Nukhbat al-Fikar, petit traité de terminologie du hadith, très étudié ;
* Al-Durar al-Kāmina, biographies des personnalités du VIIIᵉ siècle de l’Hégire.

Un juge et un enseignant

Ibn Ḥajar occupa à plusieurs reprises la fonction de juge suprême shāfiʿite (qāḍī al-quḍāt) d’Égypte, sous les sultans mamelouks. Il enseigna dans les grandes institutions du Caire et fut prédicateur à la mosquée al-Azhar et à la mosquée ʿAmr ibn al-ʿĀṣ.

Parmi ses nombreux élèves, le plus connu est Shams al-Dīn al-Sakhāwī, qui écrivit sa biographie.

Sa mort

Ibn Ḥajar meurt au Caire en dhū al-ḥijja 852 H (février 1449). Ses funérailles réunissent une foule considérable, dans laquelle figurent le sultan et les grands savants de la ville.

À retenir

Ibn Ḥajar fut un savant d’une érudition immense, au service de la Sunna.

Son Fatḥ al-Bārī reste aujourd’hui la porte d’entrée indispensable pour comprendre le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī, et son Bulūgh al-Marām accompagne les étudiants en fiqh du monde entier.

Crédit image : Tombe d’Ibn Ḥajar, Le Caire. Fouad GM, Wikimedia Commons, CC BY 2.0.