Biographie
Ibn al-Nafīs (607-687 H / 1213-1288), médecin de Damas et du Caire, fut le premier à décrire la circulation pulmonaire du sang, plus de trois siècles avant les savants européens. Juriste shāfiʿite, il écrivit aussi un récit philosophique sur la raison et la révélation.
Ibn al-Nafīs
Le découvreur de la circulation pulmonaire
ʿAlāʾ al-Dīn Abū al-Ḥasan ʿAlī ibn Abī al-Ḥazm, dit Ibn al-Nafīs, est né près de Damas en 607 H (1213) et mort au Caire en 687 H (1288).
Médecin et juriste
Il étudia la médecine à l’hôpital al-Nūrī de Damas, puis s’installa au Caire, où il exerça à l’hôpital al-Manṣūrī, dont il devint le médecin en chef. Il était aussi un juriste shāfiʿite reconnu, qui enseigna le fiqh, ainsi qu’un spécialiste de la langue arabe et du hadith.
Une découverte majeure
Dans son Commentaire de l’anatomie du Canon d’Ibn Sīnā, rédigé vers l’âge de trente ans, Ibn al-Nafīs corrige la théorie de Galien, qui pensait que le sang passait directement d’un côté du cœur à l’autre à travers la paroi. Il affirme que le sang va du cœur aux poumons, s’y mélange à l’air, puis revient au cœur : c’est la circulation pulmonaire. Cette découverte, oubliée pendant des siècles, n’a été redécouverte par les historiens qu’au XXᵉ siècle.
Autres ouvrages
Il entreprit al-Shāmil fī al-ṣināʿa al-ṭibbiyya, une encyclopédie médicale prévue en plusieurs centaines de volumes, dont une partie seulement fut rédigée. Il écrivit aussi des ouvrages sur les maladies des yeux et sur l’alimentation.
La raison et la révélation
Dans al-Risāla al-Kāmiliyya fī al-sīra al-nabawiyya, il raconte l’histoire d’un homme né seul sur une île, qui découvre par la raison les vérités du monde et reconnaît ensuite la vérité de la révélation et de la prophétie.
À sa mort, il légua sa maison et sa bibliothèque à l’hôpital al-Manṣūrī.
Photo : buste d’Ibn al-Nafīs.
Oeuvres notables
Sharḥ tashrīḥ al-Qānūn (Commentaire de l’anatomie du Canon) ; Al-Shāmil fī al-ṣināʿa al-ṭibbiyya ; Al-Mūjiz fī al-ṭibb ; Al-Risāla al-Kāmiliyya fī al-sīra al-nabawiyya