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Jalāl ad-Dīn Rūmī

Jalāl ad-Dīn Rūmī

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Biographie

Jalāl ad-Dīn Rūmī (604-672 H / 1207-1273), appelé Mawlānā, fut un savant, juriste et poète mystique de langue persane, établi à Konya. Auteur du Masnavī, souvent appelé « le Coran en persan », il est l’un des poètes les plus lus au monde. Son fils fonda l’ordre des Mevlevis, connus pour leur danse tournoyante.

Jalāl ad-Dīn Rūmī

Mawlānā, le savant devenu poète de l’amour divin

Jalāl ad-Dīn Muḥammad Rūmī, que ses disciples appellent Mawlānā (« notre maître »), est l’un des plus grands poètes de l’histoire de l’humanité. Ses poèmes, écrits principalement en persan, sont lus et traduits dans le monde entier.

Né en 604 H (1207) dans la région de Balkh, dans l’actuel Afghanistan, il mourut à Konya, en Anatolie, en 672 H (1273). Son surnom de « Rūmī » vient du nom que les musulmans donnaient à l’Anatolie : le pays de Rūm.

L’exil d’une famille de savants

Son père, Bahāʾ al-Dīn Walad, est un savant et prédicateur réputé. Vers 1215-1220, alors que les Mongols menacent l’Asie centrale, la famille quitte Balkh.

Après un long voyage, marqué par le pèlerinage à La Mecque et des séjours en Syrie et en Anatolie, elle s’installe à Konya, capitale des Seldjoukides de Rūm, à l’invitation du sultan.

À la mort de son père, Rūmī lui succède dans l’enseignement. Il complète sa formation à Alep et à Damas. Il est alors un juriste ḥanafite et un professeur respecté, entouré de nombreux étudiants.

La rencontre avec Shams de Tabriz

En 1244, sa vie est bouleversée par la rencontre avec un derviche errant, Shams al-Dīn de Tabriz. Entre les deux hommes naît une amitié spirituelle intense.

Le savant devient poète. Rūmī se met à composer des milliers de vers, principalement des ghazals, poèmes d’amour mystique. La disparition de Shams, quelques années plus tard, plonge Rūmī dans une profonde douleur, qu’il transforme en poésie. Il signe nombre de ses poèmes du nom de son ami : ils forment le Dīwān-e Shams-e Tabrīzī.

Le Masnavī

Son œuvre majeure est le Masnavī-ye Maʿnavī (« Poème à distiques spirituels »), composé de plus de vingt-cinq mille vers. Rūmī le dicte pendant les dernières années de sa vie à son disciple Ḥusām al-Dīn Chalabī.

Le Masnavī s’ouvre sur la plainte de la flûte de roseau, arrachée à la roselière, qui exprime la nostalgie de l’âme séparée de son origine divine.

L’œuvre mêle récits, fables, anecdotes, versets du Coran et hadiths, pour enseigner :

* l’amour de Dieu ;
* la purification de l’âme ;
* le combat contre l’ego (al-nafs) ;
* la patience, l’humilité et la confiance en Dieu.

En raison de la place qu’y occupent le Coran et la Sunna, on l’a surnommé « le Coran en langue persane ».

Rūmī a aussi laissé Fīhi mā fīhi, un recueil de ses entretiens en prose, ainsi que des lettres et des sermons.

Sa mort et l’ordre des Mevlevis

Rūmī meurt à Konya le 17 décembre 1273. Ses disciples appellent ce jour « la nuit des noces » (Shab-e ʿArūs), car ils voient dans la mort la rencontre de l’âme avec Dieu.

Son fils, Sulṭān Walad, organise ses disciples en un ordre spirituel, la Mawlawiyya, ou ordre des Mevlevis, connu pour sa cérémonie du samāʿ, durant laquelle les derviches tournent sur eux-mêmes au son de la flûte.

Son mausolée à Konya est aujourd’hui l’un des lieux les plus visités de Turquie.

Un poète souvent mal lu

Rūmī est aujourd’hui l’un des poètes les plus lus en Occident. Mais de nombreuses traductions populaires effacent les références au Coran, au Prophète ﷺ et à l’islam, qui sont pourtant partout dans son œuvre.

Lire Rūmī en tenant compte de sa formation de savant musulman permet de mieux comprendre la profondeur de sa pensée.

À retenir

Rūmī fut un juriste et un savant avant d’être un poète.

Son œuvre célèbre l’amour de Dieu, la quête de l’âme et la transformation intérieure, dans une langue qui touche encore des lecteurs du monde entier.

Crédit image : Premiers vers du Masnavī. Wikimedia Commons, domaine public.