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Muḥammad al-Bashīr al-Ibrāhīmī

Muḥammad al-Bashīr al-Ibrāhīmī

Savant
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Biographie

Muḥammad al-Bashīr al-Ibrāhīmī (1889-1965) fut un grand savant, écrivain et réformateur algérien. Compagnon de ʿAbd al-Ḥamīd ibn Bādīs, il cofonda l’Association des oulémas musulmans algériens, qu’il présida après lui. Maître de la langue arabe, il consacra sa vie à l’éducation et à la défense de l’identité arabo-musulmane de l’Algérie.

Muḥammad al-Bashīr al-Ibrāhīmī

Le compagnon d’Ibn Bādīs et le maître de l’éloquence arabe

Muḥammad al-Bashīr al-Ibrāhīmī est l’une des grandes figures du mouvement réformiste algérien. Savant, pédagogue, écrivain et orateur, il fut, avec ʿAbd al-Ḥamīd ibn Bādīs, l’un des principaux artisans du renouveau de l’enseignement arabe et islamique en Algérie sous la colonisation.

Il naît le 14 juin 1889 près de Sétif, dans l’est algérien, et meurt à Alger le 20 mai 1965.

Une mémoire exceptionnelle

Al-Ibrāhīmī grandit dans une famille de savants. Son oncle, Muḥammad al-Makkī al-Ibrāhīmī, se charge de son éducation.

Enfant, il mémorise le Coran, puis de nombreux textes de grammaire, de fiqh et de poésie. Sa mémoire devient légendaire : on rapporte qu’il connaissait par cœur des milliers de vers de la poésie arabe classique.

Médine et Damas

En 1911, il rejoint son père à Médine, où il poursuit ses études auprès de nombreux savants.

C’est à Médine, en 1913, qu’il rencontre ʿAbd al-Ḥamīd ibn Bādīs, venu accomplir le pèlerinage. Les deux hommes passent de longues soirées à réfléchir à la situation de l’Algérie et élaborent ensemble un projet de réforme par l’éducation.

Il s’installe ensuite à Damas, où il enseigne pendant plusieurs années, avant de rentrer en Algérie en 1920.

L’Association des oulémas musulmans algériens

En 1931, il participe avec Ibn Bādīs à la fondation de l’Association des oulémas musulmans algériens. Il en devient vice-président.

L’Association se fixe pour objectifs :

* de diffuser l’enseignement de la langue arabe et de l’islam ;
* de lutter contre l’ignorance et les pratiques qu’elle jugeait contraires à la religion ;
* de préserver l’identité arabo-musulmane du peuple algérien face à la politique coloniale.

Elle crée des centaines d’écoles libres dans tout le pays. Sa devise résume son programme : « L’islam est notre religion, l’arabe est notre langue, l’Algérie est notre patrie. »

Président de l’Association

En 1940, à la mort d’Ibn Bādīs, al-Ibrāhīmī est désigné pour lui succéder, alors qu’il est assigné à résidence à Aflou par les autorités coloniales. Il reste en résidence surveillée jusqu’en 1943.

Il relance ensuite l’action de l’Association, fonde de nombreuses écoles et dirige le journal al-Baṣāʾir, dans lequel il publie des articles célèbres pour la beauté de leur style.

L’exil et l’indépendance

À partir de 1952, il vit principalement au Caire, d’où il fait connaître la cause algérienne dans le monde arabe. Il soutient la révolution déclenchée en 1954.

Après l’indépendance, il rentre en Algérie. Il prononce le premier prêche du vendredi à la mosquée Ketchaoua, rendue au culte musulman. Il critique ensuite certaines orientations du pouvoir, ce qui lui vaut d’être placé en résidence surveillée.

Il meurt à Alger en 1965.

Son œuvre

Ses écrits ont été rassemblés sous le titre Āthār al-Imām Muḥammad al-Bashīr al-Ibrāhīmī. Ils comprennent des articles, des discours, des études sur la langue arabe et des textes de réflexion religieuse et politique.

À retenir

Muḥammad al-Bashīr al-Ibrāhīmī fut un savant de l’éducation et de la langue.

Avec Ibn Bādīs, il a montré que l’école et la culture pouvaient être les premières armes d’un peuple pour préserver sa dignité et son identité.

Crédit image : Muḥammad al-Bashīr al-Ibrāhīmī. Wikimedia Commons, domaine public.