Biographie
Muḥammad al-Maghīlī (v. 1440-1505), juriste mālikite né à Tlemcen, joua un rôle important dans l’histoire religieuse de l’Afrique de l’Ouest. Il conseilla les souverains de Kano, de Katsina et l’askia Muḥammad du Songhaï, à qui il adressa de célèbres réponses sur le gouvernement selon l’islam.
Muḥammad al-Maghīlī
Le conseiller des rois du Sahel
Muḥammad ibn ʿAbd al-Karīm al-Maghīlī est né vers 1440 à Tlemcen, dans l’actuelle Algérie, et mort vers 1505 dans le Touat, au Sahara algérien.
Un juriste rigoureux
Formé à Tlemcen, il était connu pour sa rigueur dans l’application de la Loi et ses prises de position tranchées, qui suscitèrent des débats avec d’autres savants de son temps. Il échangea notamment par écrit avec Jalāl al-Dīn al-Suyūṭī au sujet de la logique.
Voyage en Afrique de l’Ouest
Vers 1490, il partit vers le sud. À Kano, il conseilla le souverain Muḥammad Rumfa, pour qui il écrivit un traité sur les devoirs des rois. Il séjourna aussi à Katsina, puis à Gao, à la cour de l’askia Muḥammad, souverain de l’empire songhaï.
Les réponses à l’askia
L’askia Muḥammad lui posa une série de questions sur la manière de gouverner selon l’islam, la justice, les impôts et les pratiques religieuses de ses sujets. Les réponses d’al-Maghīlī, Asʾilat al-Askiya wa-ajwibat al-Maghīlī, eurent une grande influence et furent lues, trois siècles plus tard, par les réformateurs de Sokoto, comme Ousmane dan Fodio.
Photo : manuscrit des questions de l’askia et des réponses d’al-Maghīlī.
Oeuvres notables
Ajwibat al-Maghīlī ʿan asʾilat al-Askiya ; Tāj al-dīn fī mā yajib ʿalā al-mulūk ; poèmes et traités de fiqh