Biographie
Muḥammad Ṣiddīq al-Minshāwī (1920-1969) fut l’un des plus grands récitateurs du Coran d’Égypte. Originaire de Haute-Égypte, il est célèbre pour sa voix empreinte de recueillement et de tristesse, qui lui valut le surnom de « la voix qui pleure ». Ses enregistrements, dont une version pédagogique avec des enfants, sont écoutés dans le monde entier.
Muhammad Siddiq al-Minshawi
La voix qui pleure
Muḥammad Ṣiddīq al-Minshāwī est l’un des grands maîtres de l’école égyptienne de récitation du Coran. Sa voix, profonde et empreinte d’une grande émotion, lui a valu le surnom d’« al-ṣawt al-bākī », « la voix qui pleure ».
Il naît le 20 janvier 1920 à al-Minshāh, dans le gouvernorat de Sohag, en Haute-Égypte, et meurt le 20 juin 1969 au Caire, à l’âge de quarante-neuf ans.
Une famille de récitateurs
Muḥammad Ṣiddīq grandit dans une famille où la récitation du Coran est une tradition. Son père, le cheikh Ṣiddīq al-Minshāwī, est lui-même un récitateur réputé en Haute-Égypte.
Il mémorise l’intégralité du Coran vers l’âge de onze ans. Il étudie ensuite les règles de la récitation (al-tajwīd) et les lectures coraniques auprès de plusieurs maîtres, au Caire et en Haute-Égypte.
Adolescent, il accompagne son père dans les célébrations religieuses, où il récite à son tour. Sa réputation grandit rapidement dans toute la région.
L’entrée à la radio
Au début des années 1950, sa renommée parvient jusqu’au Caire. La radio égyptienne l’enregistre et diffuse sa récitation, qui touche immédiatement un large public.
Il devient l’un des récitateurs officiels de la radio et est invité à réciter dans de nombreux pays : en Arabie saoudite, au Koweït, en Syrie, en Irak, en Indonésie, au Pakistan et ailleurs.
Un style empreint de recueillement
La récitation d’al-Minshāwī se distingue par :
* une voix grave et chaude ;
* une grande sobriété, sans recherche d’effet ;
* une émotion profonde, qui traduit le sens des versets ;
* une application rigoureuse des règles du tajwīd.
Ceux qui l’écoutent décrivent souvent un sentiment de recueillement (al-khushūʿ) et de crainte révérencielle devant la Parole de Dieu.
Des enregistrements de référence
Al-Minshāwī a enregistré le Coran en entier dans plusieurs styles :
* le murattal, récitation posée, idéale pour la mémorisation ;
* le mujawwad, récitation mélodique et plus lente ;
* le muṣḥaf al-muʿallim, une version pédagogique dans laquelle il récite chaque passage, suivi d’un groupe d’enfants qui le répètent.
Cette dernière version est aujourd’hui utilisée dans de nombreuses écoles coraniques à travers le monde pour apprendre à réciter correctement.
Sa mort
Muḥammad Ṣiddīq al-Minshāwī meurt au Caire le 20 juin 1969, après une maladie. Il n’a que quarante-neuf ans, mais laisse derrière lui un héritage considérable.
À retenir
Al-Minshāwī fut un récitateur de l’humilité et du recueillement.
Sa voix rappelle que la récitation du Coran n’est pas seulement un art, mais un acte d’adoration qui doit toucher le cœur de celui qui récite et de celui qui écoute.
Crédit image : Muḥammad Ṣiddīq al-Minshāwī. Wikimedia Commons, domaine public.