Tous les auteurs
Mustafa Ismail

Mustafa Ismail

Récitateur
Partager
Biographie

Muṣṭafā Ismāʿīl (1905-1978) fut l’un des plus grands récitateurs du Coran de l’école égyptienne. Récitateur du palais royal puis de la mosquée al-Azhar, il est célèbre pour sa maîtrise exceptionnelle des modes mélodiques (maqāmāt) et pour la richesse de ses récitations en style mujawwad.

Mustafa Ismail

Le maître des modes mélodiques

Muṣṭafā Muḥammad al-Mursī Ismāʿīl est considéré par beaucoup de spécialistes comme l’un des plus grands récitateurs du Coran du XXᵉ siècle. Sa connaissance des modes mélodiques et sa capacité à les mettre au service du sens des versets en font une référence pour les récitateurs du monde entier.

Il naît le 17 juin 1905 à Mīt Ghazāl, près de Ṭanṭā, dans le delta du Nil, en Égypte, et meurt le 26 décembre 1978 à Alexandrie.

Une enfance dans le delta

Muṣṭafā Ismāʿīl grandit dans une famille rurale. Il entre très tôt à l’école coranique (kuttāb) de son village, où il mémorise le Coran avant l’âge de douze ans.

Il poursuit ensuite sa formation à Ṭanṭā, à l’institut rattaché à la grande mosquée al-Aḥmadī, où il étudie les règles de la récitation (al-tajwīd) et les lectures coraniques.

Très jeune, il se fait remarquer par la beauté de sa voix lors des veillées religieuses de la région.

La consécration au Caire

Dans les années 1940, il se fait connaître au Caire, où sa récitation impressionne les plus grands maîtres de son époque. Il est admis à la radio égyptienne, qui diffuse ses récitations dans tout le pays.

Il devient le récitateur du palais royal, puis, pendant de longues années, l’un des récitateurs de la mosquée al-Azhar.

L’art des maqāmāt

La récitation mujawwad, lente et mélodique, s’appuie sur les maqāmāt, les modes mélodiques de la tradition arabe, comme le bayyātī, le ṣabā, le ḥijāz ou le rast.

Muṣṭafā Ismāʿīl excellait dans cet art. Il savait :

* passer d’un mode à l’autre avec une grande fluidité ;
* choisir le mode adapté au sens du verset, selon qu’il évoque la miséricorde, le châtiment, le récit ou l’exhortation ;
* varier sa récitation, de sorte qu’un même passage n’était jamais récité deux fois de la même manière ;
* respecter scrupuleusement les règles du tajwīd, sans jamais sacrifier la justesse de la lecture à la mélodie.

Les spécialistes soulignent aussi sa connaissance du sens des versets, qui guidait ses choix de pauses et de reprises (al-waqf wa-l-ibtidāʾ).

Un ambassadeur du Coran

Muṣṭafā Ismāʿīl a récité dans de nombreux pays du monde musulman et au-delà. Ses enregistrements, souvent réalisés lors de célébrations publiques, ont été diffusés dans le monde entier.

Il a reçu de nombreuses distinctions en Égypte et à l’étranger pour son service du Livre de Dieu.

Sa mort

Muṣṭafā Ismāʿīl meurt le 26 décembre 1978 à Alexandrie. Il est enterré dans son village natal de Mīt Ghazāl.

À retenir

Muṣṭafā Ismāʿīl fut un maître de la récitation, qui a porté l’art mélodique au service du sens du Coran.

Son œuvre montre que la beauté de la voix, lorsqu’elle est guidée par la science et la compréhension du texte, aide les cœurs à s’ouvrir à la Parole de Dieu.

Crédit image : Muṣṭafā Ismāʿīl. Riad Shehata, Wikimedia Commons, domaine public.