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Article Fiqh (jurisprudence) Famille & mariage

Le tuteur (walī) dans le mariage : la femme peut-elle se marier sans lui ? Les quatre écoles

TAHA ACADEMY

Le mariage est-il valide sans tuteur (walī) ? L’avis ḥanafite et celui des trois autres écoles, les versets et hadiths invoqués, et la cause de la divergence selon Ibn Rushd.


LA QUESTION
Une femme majeure peut-elle conclure elle-même son mariage, sans tuteur (walī) ? Tous les savants s’accordent sur la place du tuteur dans le mariage, et sur le fait qu’il ne peut pas empêcher une femme d’épouser un homme de rang égal qui lui offre une dot comme celle de ses pareilles : s’il refuse, le juge la marie (Ibn Rushd).

LES AVIS
• Ḥanafites : oui. La femme libre, raisonnable et majeure se marie par son accord, vierge ou non (Abū Ḥanīfa ; Abū Yūsuf selon l’avis principal). Le tuteur peut s’opposer si le mari n’est pas de rang égal.
• Mālikites : non. Le tuteur est un pilier du mariage.
• Shāfiʿites : non. La femme ne conclut pas son mariage elle-même, ni avec permission ni sans.
• Ḥanbalites : non ; mais si un juge a validé un tel mariage, on ne l’annule pas, car la question relève de l’effort d’interprétation (Ibn Qudāma).

LES PREUVES
Pour le tuteur : « Ne les empêchez pas d’épouser leurs maris » (al-Baqara, 2 : 232), verset révélé au sujet de Maʿqil ibn Yasār, qui refusait de remarier sa sœur ; « Pas de mariage sans tuteur » ; « Toute femme mariée sans la permission de son tuteur, son mariage est nul » (Aḥmad, Abū Dāwūd, at-Tirmidhī).
Pour la validité sans tuteur : le Coran attribue le mariage aux femmes elles-mêmes (« an yankiḥna », « ḥattā tankiḥa zawjan ghayrahu ») ; et le hadith « La femme déjà mariée a plus de droit sur elle-même que son tuteur » (al-Bukhārī et Muslim).

LE RAISONNEMENT
Pour al-Marghīnānī (école ḥanafite), la femme agit dans son droit et en est capable, comme elle gère ses biens. Pour Ibn Qudāma (école ḥanbalite), le verset du ʿaḍl montre que le mariage dépend du tuteur, sinon le refus de Maʿqil n’aurait eu aucun effet.

POURQUOI ILS DIVERGENT
Selon Ibn Rushd, aucun texte n’est explicite et l’authenticité de plusieurs hadiths est discutée ; il remarque que, si la Loi avait voulu faire du tuteur une condition de validité, elle aurait précisé qui sont les tuteurs et leur ordre.

À SAVOIR
Ces règles décrivent les avis des écoles ; pour un mariage réel, on consulte un savant ou une instance compétente, qui tient compte des circonstances et, le cas échéant, de la loi du pays.

POUR ALLER PLUS LOIN
La question, avec toutes les références, dans Fiqh comparé · Niveau 3 : taha-academy.com/bibliotheque/202
→ Le mariage en islam : bien choisir, piliers du contrat : taha-academy.com/bibliotheque/167