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Article Initiation à la lecture de la langue arabe Langue arabe

À quel âge apprendre à lire l’arabe à son enfant ? Ce que dit la recherche

TAHA ACADEMY

Dès 3 ans, un enfant peut apprendre les lettres arabes et leurs sons, en jouant. Ce que disent la psychologie et la pédagogie, et comment s’y prendre.


DÈS 3 ANS… EN JOUANT
Beaucoup de parents se demandent s’il est trop tôt pour apprendre à lire l’arabe à leur enfant. La réponse de la recherche est nuancée : avant 5 ou 6 ans, il ne s’agit pas de lire couramment, mais de poser les fondations. Et ces fondations se posent très bien dès 3 ou 4 ans, à condition de jouer.

CE QUI PRÉPARE VRAIMENT À LIRE
Le grand rapport américain du National Early Literacy Panel (2008), qui a analysé des centaines d’études, montre que deux compétences annoncent le mieux la réussite future en lecture : connaître les lettres et leurs sons, et savoir entendre les sons de la langue. C’est donc par là qu’on commence : reconnaître une lettre et dire son son, « ba », « ma », « la »…

CE QUI MARCHE AVEC LES TOUT-PETITS
– Un enseignement explicite et systématique des sons, une lettre à la fois : c’est la méthode qui donne les meilleurs résultats, surtout chez les plus jeunes (National Reading Panel, 2000).
– Une image qui aide à retenir le son : une lettre associée à un objet qui commence par le même son se mémorise mieux (Ehri, Deffner et Wilce, 1984).
– Le toucher : suivre du doigt une lettre en relief aide à la retenir (Labat et al., 2015).
– Le jeu guidé : l’adulte fixe un petit objectif, l’enfant l’atteint en jouant. C’est plus efficace que le cours magistral ou le jeu libre (Weisberg, Hirsh-Pasek et al., 2016).
– Des séances courtes et régulières : 15 à 20 minutes, deux fois par semaine, et 5 minutes par jour à la maison valent mieux qu’une longue séance.

ET SI L’ARABE N’EST PAS LA LANGUE DE LA MAISON ?
Pour apprendre à lire, l’enfant n’a pas besoin de parler arabe : l’écriture arabe avec ses voyelles se lit toujours de la même manière. Pour l’aider à retenir les sons, on peut même s’appuyer sur des mots qu’il connaît déjà : ب comme « ballon », م comme « mouton ». Pour les sons qui n’existent pas en français, l’enfant imite la bouche de l’enseignant.

ET EN VISIOCONFÉRENCE ?
Les études montrent que les tout-petits apprennent par appel vidéo quand l’échange est vivant : l’adulte les appelle par leur prénom, attend leur réponse, réagit à chaque essai (Roseberry et al., 2014 ; Myers et al., 2017). La présence d’un parent à côté de l’enfant reste essentielle.

ET APRÈS ?
Une fois les lettres connues, l’enfant apprend les voyelles, puis à assembler les syllabes et à lire les signes, avant de passer à la lecture du Coran avec un enseignant. Assembler les syllabes arrive souvent vers 4 ans et demi ou 5 ans : chaque enfant avance à son rythme.

SOURCES
National Early Literacy Panel (2008), Developing Early Literacy. National Reading Panel (2000), Teaching Children to Read. L. Ehri, N. Deffner, L. Wilce (1984), Journal of Educational Psychology. H. Labat et al. (2015), Applied Cognitive Psychology. D. Weisberg, K. Hirsh-Pasek et al. (2016), Current Directions in Psychological Science. S. Roseberry et al. (2014), Child Development. L. Myers et al. (2017), Developmental Science.