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Les oubliés de la Sīra n° 8 : Ḍimām ibn Thaʿlaba, le bédouin aux questions directes
TAHA ACADEMY
Il entre dans la mosquée sur son chameau et prévient : « Je vais te poser des questions, et je serai dur. » Le Prophète ﷺ répond avec patience. Le soir de son retour, toute sa tribu était musulmane.
« Les oubliés de la Sīra » est la série de TAHA ACADEMY consacrée aux compagnons et compagnes du Prophète ﷺ dont on parle peu. Ils n’ont pas laissé de grands noms dans l’histoire, mais leur place auprès d’Allah et de Son Messager ﷺ était immense. Chaque portrait s’appuie sur des récits sourcés, et nous signalons honnêtement ce qui est moins sûr.
—— Qui était Ḍimām ? ——
Ḍimām ibn Thaʿlaba était un bédouin de la tribu des Banū Saʿd ibn Bakr. Sa tribu l’envoya à Médine pour vérifier ce qu’on disait du Prophète ﷺ.
—— « Je serai dur dans mes questions » ——
Anas ibn Mālik raconte : « Nous étions assis dans la mosquée avec le Prophète ﷺ. Un homme entra sur son chameau, le fit agenouiller dans la mosquée, l’attacha, puis demanda : “Lequel d’entre vous est Muḥammad ?” »
On lui montra le Prophète ﷺ, accoudé parmi ses compagnons. L’homme dit : « Je vais te poser des questions, et je serai dur dans mes questions : ne m’en veux pas. » Le Prophète ﷺ répondit : « Demande ce que tu veux. »
Ḍimām demanda : « Je te demande, par ton Seigneur et le Seigneur de ceux qui étaient avant toi : est-ce Allah qui t’a envoyé à tous les gens ? » Le Prophète ﷺ répondit : « Ô Allah, oui. » Puis il posa la même question, avec le même serment, sur les cinq prières, sur le jeûne du mois de Ramaḍān et sur l’aumône prélevée sur les riches pour être donnée aux pauvres. À chaque fois, le Prophète ﷺ répondit : « Ô Allah, oui. »
Ḍimām dit alors : « Je crois en ce que tu as apporté, et je suis l’envoyé de ceux qui sont restés derrière moi parmi mon peuple. Je suis Ḍimām ibn Thaʿlaba. » (al-Bukhārī)
Dans la version de Muslim, il ajoute : « Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je n’y ajouterai rien et je n’en retrancherai rien. » Le Prophète ﷺ dit : « S’il dit vrai, il entrera au Paradis. »
—— Le messager de son peuple ——
Ibn ʿAbbās raconte la suite : de retour chez lui, Ḍimām réunit sa tribu et commença par dénoncer les idoles. On lui dit : « Prends garde à la lèpre, prends garde à la folie ! » Il répondit : « Elles ne peuvent ni nuire ni être utiles. » Il leur transmit ce qu’il avait appris, et le soir même, il ne restait dans sa tribu ni homme ni femme qui ne fût musulman. Ibn ʿAbbās disait : « Nous n’avons jamais entendu parler d’un envoyé d’un peuple meilleur que Ḍimām. » (Aḥmad)
—— Ce qui est sûr et ce qui l’est moins ——
Le dialogue dans la mosquée est authentique (al-Bukhārī et Muslim). Le récit de son retour et de la conversion de sa tribu est rapporté par Aḥmad, d’après Ibn ʿAbbās, avec une chaîne jugée acceptable par plusieurs spécialistes.
—— Et pour nous, aujourd’hui ? ——
1. Le droit de poser des questions. Ḍimām a posé des questions directes, et le Prophète ﷺ a répondu avec patience, sans se vexer. L’islam n’a pas peur des questions sincères.
2. La patience de l’enseignant. Face à un ton rude, le Prophète ﷺ a regardé la sincérité de la personne plutôt que sa manière de parler.
3. L’essentiel d’abord. Ḍimām est reparti avec les bases : la foi, la prière, le jeûne, la zakāt. Pas besoin de tout savoir pour commencer.
4. Être le messager de sa famille. Ce qu’on apprend, on peut le transmettre à ses proches avec conviction et sagesse.
—— Pour aller plus loin ——
L’histoire du Prophète ﷺ et de ses compagnons est racontée dans les manuels « La Sīra pour aujourd’hui » de TAHA ACADEMY, disponibles gratuitement dans la Bibliothèque, et bientôt réunis en un seul volume aux Éditions TAHA ACADEMY.
Prochain portrait dans « Les oubliés de la Sīra » : Ḥanẓala, le compagnon lavé par les anges.