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Article Fiqh (jurisprudence) Parentalité

L’adoption en islam : la kafāla, le nom de l’enfant, l’héritage et les règles de la famille

TAHA ACADEMY

Peut-on adopter en islam ? Ce que permet la kafāla (prise en charge), pourquoi l’enfant garde son nom, ce qu’il en est de l’héritage, du voile et de la parenté de lait, et le grand mérite de prendre en charge un orphelin.


EN BREF
L’islam encourage fortement à prendre en charge un enfant orphelin ou abandonné : c’est la kafāla. Mais l’enfant garde sa filiation : il ne prend pas le nom de famille de ceux qui l’élèvent et n’hérite pas d’eux automatiquement.

LE MÉRITE
« Moi et celui qui prend en charge l’orphelin, nous serons comme ceci au Paradis », dit le Prophète ﷺ en montrant l’index et le majeur. (al-Bukhārī, n° 5304)

CE QUE L’ISLAM A CHANGÉ
Avant l’islam, l’enfant adopté devenait juridiquement le fils de celui qui l’adoptait. Le Coran a mis fin à cela :
« Appelez-les du nom de leurs pères : c’est plus équitable auprès d’Allah. Mais si vous ne connaissez pas leurs pères, ils sont vos frères en religion et vos protégés. » (sourate al-Aḥzāb, 33:5)
Zayd ibn Ḥāritha, que le Prophète ﷺ avait adopté, s’appelait « Zayd ibn Muḥammad » : il a repris le nom de son père, Ḥāritha, sans perdre l’amour du Prophète ﷺ.

LES RÈGLES DE LA KAFĀLA
• Le nom : l’enfant garde le nom de son père biologique s’il est connu. S’il ne l’est pas, on peut lui donner un nom qui ne le rattache pas faussement à la famille.
• La vérité : on lui dit, à l’âge et avec les mots qui conviennent, d’où il vient.
• L’héritage : il n’hérite pas automatiquement, mais on peut lui léguer jusqu’au tiers de ses biens (waṣiyya) ou lui faire des donations de son vivant.
• Ses propres biens : s’il en a, on les gère pour lui avec honnêteté. « Ceux qui mangent injustement les biens des orphelins ne font que manger du feu… » (sourate an-Nisāʾ, 4:10)

LA QUESTION DU VOILE ET DE LA PROXIMITÉ
Arrivé à la puberté, l’enfant pris en charge n’est pas un proche interdit au mariage (maḥram) pour la famille d’accueil : les règles de pudeur s’appliquent.
Il existe une solution reconnue : la parenté de lait. Si l’enfant est allaité par la mère d’accueil (ou sa sœur) avant l’âge de deux ans, il devient son enfant de lait. Chez les mālikites, même une petite quantité de lait suffit, tant que l’allaitement a lieu dans les deux premières années.

ET L’ADOPTION LÉGALE ?
En France, l’adoption plénière remplace la filiation d’origine. L’adoption simple la conserve, mais elle donne aussi des droits (nom, héritage) qui ne correspondent pas exactement à la kafāla. Renseignez-vous auprès d’un juriste, et demandez conseil à une personne de science pour votre situation.

POUR ALLER PLUS LOIN
• Choisir le prénom de son enfant : les règles → taha-academy.com/bibliotheque/294
• Être parent : éduquer ses enfants → taha-academy.com/bibliotheque/173
• Les liens familiaux : la bonté envers les parents et le maintien des liens de parenté → taha-academy.com/bibliotheque/168