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L’assurance est-elle permise en islam ? Assurance classique, takāful et assurances obligatoires
TAHA ACADEMY
Assurance auto, habitation, santé, vie : ce que disent les savants. Le gharar selon les quatre écoles, les avis des instances contemporaines sur l’assurance commerciale, l’assurance coopérative (takāful) et les assurances imposées par la loi.
EN BREF
La plupart des instances contemporaines jugent l’assurance commerciale classique non conforme, à cause de l’incertitude (gharar) et du risque de ribā, et lui préfèrent l’assurance coopérative (takāful). Les assurances obligatoires par la loi sont permises. Quelques savants permettent aussi l’assurance classique.
LE PRINCIPE : LE GHARAR
Le Prophète ﷺ a interdit la vente comportant du gharar, c’est-à-dire une incertitude excessive sur l’objet ou le prix. (Muslim, n° 1513)
L’AVIS DES QUATRE ÉCOLES SUR LE GHARAR
• Les quatre écoles interdisent le gharar important dans les contrats d’échange (vente, location) et tolèrent le gharar léger, inévitable.
• Les mālikites ont une particularité : le gharar est toléré dans les contrats de don (tabarruʿ), car celui qui reçoit ne perd rien. C’est l’une des bases de l’assurance coopérative.
• Les ḥanafites, shāfiʿites et ḥanbalites sont plus stricts sur le gharar dans les dons, mais acceptent eux aussi l’entraide mutuelle.
L’assurance n’existait pas à l’époque des fondateurs des écoles : les savants contemporains l’analysent à partir de ces principes.
L’ASSURANCE COMMERCIALE
• Interdite pour le Conseil de l’Académie de la Ligue islamique mondiale (1978), l’Académie internationale du fiqh islamique (OCI, 1985) et la majorité des savants contemporains : c’est un échange d’argent contre un risque incertain, et les fonds sont souvent placés à intérêt.
• Permise pour d’autres, comme Muṣṭafā az-Zarqā, qui y voient une organisation de l’entraide et une protection utile, sans intention de jeu.
L’ASSURANCE COOPÉRATIVE (TAKĀFUL)
Les assurés versent des contributions comme des dons à un fonds commun qui indemnise ceux d’entre eux qui subissent un dommage ; les excédents peuvent leur revenir. Les instances qui interdisent l’assurance commerciale la permettent. Les mutuelles sans but lucratif s’en rapprochent.
LES ASSURANCES OBLIGATOIRES
L’assurance responsabilité civile automobile, l’assurance habitation exigée pour louer, ou l’assurance maladie obligatoire sont permises : on s’y soumet par contrainte de la loi, et elles protègent les droits des autres. En cas de sinistre, on peut recevoir l’indemnité.
ET L’ASSURANCE-VIE ?
L’assurance-vie placée en fonds à intérêt est interdite selon la majorité. Les versions conformes (takāful familial, supports sans intérêt) sont permises par les instances qui acceptent le takāful.
POUR ALLER PLUS LOIN
• Le crédit bancaire à intérêt : le ribā expliqué → taha-academy.com/bibliotheque/306
• Les transactions en islam : vente valide, ribā, gharar (fiche PDF) → taha-academy.com/bibliotheque/170
Ces articles présentent les avis des écoles et des instances reconnues pour vous aider à comprendre. Pour une décision personnelle, consultez une personne de science qui connaît votre situation.